• Peur du succès ou peur du changement?

    Défis du dirigeant d’entreprise : Peur du succès ou peur du changement?

    Dans mes discussions avec des dirigeants d’entreprises concernant leurs facteurs de motivation, la réflexion portera sur un des sujets les plus difficiles à aborder: la peur.
    On sait tous qu’une des qualités qui fait la fibre de l’entrepreneur est le courage. Grâce à son courage, le dirigeant réussit à vaincre l’adversité, à démarquer son entreprise de la compétition, à s’entourer d’individus souvent plus compétents qu’il l’est.
    Toutefois, il arrive un moment de paralysie, en apparence, car visiblement, il est toujours dans l’action, mais bien un moment d’inertie dans la croissance de l’entreprise. La question qu’il se pose : est-ce que je suis au sommet de ma réussite ou ai-je atteint un plateau?
    Mon travail consiste à aider les entreprises à passer au niveau supérieur, à se dépasser, bref à évoluer d’une façon de faire avec laquelle on est habitué à un mode d’exécution plus efficace, mais hors de sa zone de confort.
    Un des sujets tabou est la peur, mais quelle peur? J’ai remarqué que l’inaction était provoquée par une ou l’autre de ces peurs :
    La peur du changement, plus facile à diagnostiquer et la peur du succès, dont les racines, sont plus profondes et beaucoup plus occulte.
    La peur du changement peut être contrée par la démonstration, la logique et surtout une bonne gestion du risque (analyse des impacts, approche étapiste, plan de mitigation, etc).
    La peur du succès quant à elle doit être attaquée par le dirigeant, souvent ancrée dans l’éducation, la famille et même la religion, une solution doit venir d’un changement profond de ses convictions.
    Mais qu’est que c’est au juste? Le dirigeant a du succès, il a créé son entreprise et l’a conduite où elle est aujourd’hui. À mon avis, je ne pense pas qu’il s’agisse de la peur de perdre ses acquis, ni d’éprouver des échecs de parcours et encore moins de sortir de sa zone de confort, car comme tous dirigeants; il est passé par là et il est maintenant face à une croissance. Quand est-il vraiment? Est-ce vraiment la peur du succès ou plutôt de l’effet, les résultantes du succès : plus de personnel à gérer, plus de gestionnaires, une structure plus lourde, des règles de gestion et de conformité plus sévères ou un changement dans le regard de ses pairs. C’est pourquoi, en plus d’une bonne dose d’introspection, le dirigeant doit mettre en lumière les impacts et les effets de son succès et décider, en toute conscience, s’il désirer aller de l’avant, aller sur de nouveaux marchés, acquérir une entreprise, ouvrir un nouveau créneau ou simplement passer le flambeau ou même vendre son entreprise. En affaires, le statu quo n’existe pas; le marché, la situation économique, l’environnement compétitif et l’ambition à géométrie variable de nos employés et collaborateurs ne sont absolument jamais passifs.
    Réfléchir, décider et agir sont les piliers du succès.
    Comme disait Nelson Mandela : « le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre »

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